5 enseignements tirés de l'intégration des données sur le handicap dans le SIGE de l’Eswatini

Un projet de recherche appliquée financé par le GPE KIX soutient le ministère de l’Éducation dans l’amélioration de la prise de décision fondée sur les données, notamment en intégrant des indicateurs relatifs au handicap dans le Système d’information pour la gestion de l’éducation.

Une session de formation en Eswatini sur l’utilisation des données pour soutenir l’éducation des enfants en situation de handicap et ayant des besoins éducatifs spécifiques. Crédit : Mfanukhona Nkambule

Une session de formation en Eswatini sur l’utilisation des données pour soutenir l’éducation des enfants en situation de handicap et ayant des besoins éducatifs spécifiques.

Credit: Mfanukhona Nkambule

Le ministère de l'Éducation et de la Formation d'Eswatini, en collaboration avec le GPE et ses partenaires, a identifié les données et les éléments factuels en tant que facteur favorable hautement prioritaire pour transformer le système éducatif du pays.

Il travaille en étroite collaboration avec ses partenaires pour renforcer les systèmes de données, en veillant à ce que les élèves en situation de handicap soient inclus dans les processus de suivi et de collecte de données.

Cet effort vise à garantir qu'aucun élève ne soit laissé pour compte lors de la planification de l'éducation et l'allocation des ressources.

Un projet de recherche appliquée financé par le programme de Partage de connaissances et d’innovations du GPE (KIX), visant à renforcer les capacités des districts et des écoles grâce aux données, aide le ministère à améliorer la prise de décision fondée sur les données en renforçant la fonctionnalité du système et en intégrant les indicateurs relatifs au handicap dans le système d’information pour la gestion de l'éducation (SIGE).

Une session de formation en Eswatini sur l’utilisation des données pour soutenir l’éducation des enfants en situation de handicap et ayant des besoins éducatifs spécifiques. Crédit : Mfanukhona Nkambule

Une session de formation en Eswatini sur l’utilisation des données pour soutenir l’éducation des enfants en situation de handicap et ayant des besoins éducatifs spécifiques.

Credit:
Mfanukhona Nkambule

Implication des parties prenantes pour recueillir les données sur le handicap

En décembre 2024, le gouvernement d'Eswatini a formé un groupe de travail technique pour le dépistage et la prise en charge précoces du handicap, composé de représentants des principaux ministères et départements.

Avec l’aide de l'UNICEF, ce groupe de travail a élaboré des directives pour faciliter l’intégration d’indicateurs sur le handicap dans les systèmes nationaux de données de l'Eswatini.

Ces directives visent à garantir que le gouvernement dispose de données fiables et actuelles pour pouvoir améliorer ses services et ses interventions destinés aux personnes en situation de handicap dans les secteurs de l'éducation et de la santé.

Le ministère de l'Éducation et de la Formation a ensuite organisé une réunion avec les parties prenantes, en collaboration avec le partenaire de recherche du KIX, le HISP, à laquelle des représentants d'écoles primaires et secondaires qui accueillent des élèves en situation de handicap ont participé.

Cette réunion avait pour objectif de discuter de la manière dont les données sur l'inclusion des personnes en situation de handicap pourraient être efficacement collectées dans le cadre des principaux exercices de collecte de données réguliers, à savoir :

  • L'enquête du 16ème jour : une enquête rapide menée le 16ème jour d’école de l’année scolaire pour recueillir des données clés sur les inscriptions et la fréquentation
  • Le recensement annuel de l’éducation (RAE) : un exercice annuel complet de collecte de données couvrant toutes les écoles, afin de recueillir des informations détaillées sur les élèves, les enseignants et les ressources scolaires ; et
  • Lacollecte de données au niveau individuel : des informations détaillées sont recueillies sur chaque élève et chaque membre du personnel enseignant, telles que les caractéristiques sociodémographiques et les performances, afin d’éclairer la planification.
Une session de formation en Eswatini sur l’utilisation des données pour soutenir l’éducation des enfants en situation de handicap et ayant des besoins éducatifs spécifiques. Crédit : Mfanukhona Nkambule

Une session de formation en Eswatini sur l’utilisation des données pour soutenir l’éducation des enfants en situation de handicap et ayant des besoins éducatifs spécifiques.

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Mfanukhona Nkambule

Révision des outils de collecte de données et intégration des questions du Groupe de Washington

À la suite de cette concertation, les outils de collecte de données ont été révisés afin de répondre aux besoins en matière de données sur l'éducation inclusive.

Cette révision intègre notamment des informations relatives aux parcours scolaires et professionnels des élèves en situation de handicap, à la structure scolaire et aux matières spécifiques des établissements spécialisés, ainsi qu'à la disponibilité de manuels scolaires adaptés aux élèves ayant des besoins spécifique.

La révision a notamment consisté à utiliser le petit ensemble de questions du Groupe de Washington (WG-SS), un outil reconnu à l’échelle mondiale qui permet de recueillir des données sur le handicap à l’aide de questions simples.

Au lieu de demander si une personne « a un handicap », ce questionnaire porte sur des domaines fonctionnels tels que la vue, l'ouïe, la marche, la mémoire, l’auto-prise en charge et la communication.

Ces questions standardisées permettent de produire des données comparables et fiables sur les enfants et les jeunes ayant des déficiences fonctionnelles.

L'utilisation du petit ensemble de questions sur le handicap du Groupe de Washington a permis au système de recenser non seulement la présence de déficiences, mais aussi leur gravité et leurs répercussions fonctionnelles.

Par exemple, parmi les élèves malvoyants, le système fait désormais la distinction entre les élèves qui sont totalement aveugles et qui ont besoin de dispositifs d’assistance tels que des machines à écrire le braille, et ceux qui ont une légère déficience visuelle et qui peuvent se contenter de lunettes correctrices.

Cela permet au ministère et aux écoles de mieux comprendre les obstacles à l’apprentissage, d'élaborer des politiques inclusives et de suivre les progrès réalisés pour aboutir à une éducation équitable.

Par ailleurs, la partie consacrée à l'inscription des élèves dans le recensement annuel de l'éducation a été mise à jour afin de prendre en compte le nombre d’élève ventilé par âge et par sexe dans chaque niveau de scolarité.

Ces données granulaires sont essentielles pour favoriser une planification et une budgétisation efficaces, ainsi qu’une allocation ciblée des ressources.

Une fois que ces ajustements ont été mis en œuvre, les outils ont été testés en milieu scolaire. Cela a permis de s’assurer que le système était adapté et prêt à être utilisé à l'échelle nationale.

À l’issue de la phase pilote, les enseignants référents ont suivi une formation sur l'outil révisé et les besoins en matière de données sur le handicap.

Au cours du cycle d’établissement des rapports de 2025, 17 écoles ont transmis des données sur l'éducation inclusive à travers l’enquête du 16ème jour, tandis que le recensement annuel de l'éducation a enregistré des données provenant de 129 écoles primaires (soit 21 % des écoles primaires publiques) et de 14 écoles d’enseignement secondaire (soit 5 % des écoles d’enseignement secondaire publiques).

Ces chiffres font valoir la nécessité de renforcer continuellement les capacités, afin de garantir que toutes les écoles soient en mesure d'identifier et de rendre compte avec précision des besoins des élèves.

Flux de données des salles de classe à la planification et aux politiques

Grâce à ces améliorations, des données de meilleure qualité circulent des salles de classe au SIGE, ce qui permet aux décideurs politiques d’avoir une vision plus claire des besoins des élèves.

Des données plus fiables permettent à l'Eswatini d’apporter le soutien là où il est nécessaire, en veillant à ce que les élèves ayant des besoins spéciaux ne soient pas laissés pour compte.

La prochaine priorité du ministère de l'Éducation et de la Formation est de créer des mécanismes permettant au SIGE de se connecter à d’autres systèmes de suivi des élèves en situation de handicap.

Ceci permettra de réduire les doublons, de remédier au manque de données et de dresser un tableau plus nuancé des besoins des élèves.

Le ministère de l'Éducation et de la Formation élabore également des tableaux de bord personnalisés pour pouvoir mieux visualiser les informations sur les élèves en situation de handicap, et prévoit de diffuser ces informations par le biais de rapports et de bulletins réguliers afin de favoriser la prise de décisions fondées sur les données.

Les cinq principaux enseignements tirés

1. Il est essentiel d’impliquer les parties prenantes : Pour pouvoir améliorer efficacement le système, il est nécessaire d'impliquer les parties prenantes dès le début et de manière continue, en particulier celles qui interviennent dans les établissements scolaires. Leurs points de vue sont indispensables pour garantir que les ajustements apportés aux outils de collecte de données soient adaptés au contexte, pratiques et répondent aux besoins réels.

2. L'inclusion ne se cantonne pas à l'existence d'écoles spécialisées : L'éducation inclusive requiert une approche systémique qui prévoit :

  • D’intégrer les élèves en situation de handicap dans la planification et l’élaboration du budget au niveau national
  • De former les enseignants à identifier et à accompagner les différents besoins d'apprentissage
  • D’adapter les outils de gestion des données pour qu’ils prennent en compte les besoins spécifiques, les matières et la structure des niveaux scolaires des élèves ; et
  • De garantir l'accès à des supports pédagogiques adaptés et à des dispositifs d'assistance.

3. Les systèmes de données doivent tenir compte de la diversité des parcours d'apprentissage : Les systèmes de données doivent recenser les différents parcours d'apprentissage, notamment les matières basées sur les compétences et les structures de progression, afin que tous les élèves soient pris en compte et bénéficient d'un soutien adapté.

4. Les tests d’utilisabilité renforcent la maturité du système : La mise à l'essai des améliorations du système dans certains établissements scolaires sélectionnés permet d'identifier les lacunes, de recueillir des commentaires et de renforcer la confiance des utilisateurs dans le système avant de le déployer à grande échelle.

5. Les données sur le handicap doivent rendre compte des déficiences fonctionnelles : L’utilisation d’outils standardisés, tels que le petit ensemble de questions sur le handicap du Groupe de Washington, permet de mieux comprendre les impacts fonctionnels des handicaps, et pas seulement leur existence. Ceci est essentiel pour prendre des décisions éclairées sur l’allocation des ressources et les services de soutien.

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