Tous, sans exception : pourquoi les enfants en situation de handicap doivent être pris en compte dans les investissements destinés à la petite enfance

Perkins et Theirworld, en collaboration avec des organisations telles que l'UNICEF, la Fondation LEGO et des réseaux régionaux d'éducation et de prise en charge de la petite enfance, travaillent ensemble dans le cadre de la campagne Act For Early Years, afin de garantir que tous les enfants, y compris ceux en situation de handicap, aient accès à des services d'éducation et de prise en charge de la petite enfance.

par Justin van Fleet, et Katherine Holland
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Lecture : 4 minutes
Des élèves profitent du temps de jeu au centre Maandalizi Kikaangoni TuTu, à Kikaangoni à Zanzibar. Crédit : GPE/Feruzi (Trans.Lieu)

Des élèves profitent du temps de jeu au centre Maandalizi Kikaangoni TuTu, à Kikaangoni à Zanzibar.

Credit: GPE/Feruzi (Trans.Lieu)

Il est désormais bien établi que les 5 premières années de vie constituent une période exceptionnelle de développement chez l’enfant.

Pour les enfants en situation de handicap, le fait de bénéficier d’un dépistage précoce et d’un soutien spécialisé au cours de ces premières années peut complètement changer leur trajectoire de vie.

L’éducation de la petite enfance ouvre des portes sur le plan de la communication, de la mobilité et du développement, permettant aux enfants en situation de handicap de participer à la vie familiale, d’apprendre à l’école et d’être véritablement inclus dans leur communauté.

Mais lorsque ces mêmes portes ne s’ouvrent pas au cours des 5 premières années de vie, elles restent souvent fermées pendant beaucoup trop longtemps.

Pour la société, une intervention précoce produit également des résultats probants en réduisant les coûts de santé et d’éducation tout au long de la vie. Elle permet également une plus grande participation des parents et, éventuellement, des enfants en situation de handicap eux-mêmes à mesure qu’ils atteignent l’âge adulte.

Chaque dollar investi dans le soutien précoce rapporte 17 dollars, grâce à une participation accrue à l’éducation et à l’emploi, à la réduction des coûts de prise en charge et à des communautés plus fortes et plus productives.

Pourtant, les enfants en situation de handicap sont confrontés à des obstacles à chaque étape du système de la petite enfance.

Citons notamment les services de santé qui ne parviennent pas à dépister les besoins de développement, les établissements préscolaires auxquels 1 enfant en situation de handicap sur 4 n’a pas accès, ou les dispositifs de soutien aux familles qui ne tiennent pas compte des coûts supplémentaires qu’elles doivent assumer.

Le nouveau rapport de Theirworld, All Means All: A Call for Disability-Inclusive Early Years Financing (Tous, sans exception : un appel au financement de la petite enfance intégrant le handicap), met en lumière la dure réalité à laquelle sont confrontés les enfants et leurs familles.

Les enfants en situation de handicap sont 25 % moins susceptibles de fréquenter le préscolaire que leurs pairs et 49 % plus susceptibles de ne jamais fréquenter l’école du tout.

Lorsque les jeunes enfants en situation de handicap arrivent dans une salle de classe, les enseignants ne sont souvent pas équipés pour adapter le programme et l’environnement à leurs besoins d’apprentissage ni mobiliser leurs familles.

Dans les programmes nationaux de Perkins, les familles décrivent régulièrement le fardeau causé par des systèmes fragmentés : rendez-vous multiples, voies d’orientation peu claires et attentes incohérentes entre les prestataires de services de santé et d’éducation.

Nous savons précisément comment faire mieux. Perkins et Theirworld, ainsi que des organisations comme l’UNICEF, la Fondation LEGO et des réseaux régionaux de soins et d’éducation de la petite enfance ont uni leurs forces dans le cadre de la campagne « Act for Early Years » (Agir pour la petite enfance), convaincus qu’en matière de soins et d’éducation de la petite enfance : l’universel doit vraiment être universel.

Libérer le potentiel dès les premières années

Dans son travail avec les ministères de l’Éducation et de la Santé, Perkins a constamment démontré que la formation des enseignants et les systèmes d’intervention précoce sont la clé de voûte du succès dans la prise en charge des enfants en situation de handicap.

Dans des pays comme le Mexique et L'Indonésie, le fait d’intégrer l’évaluation fonctionnelle de la vision, les principes de conception universelle et la pédagogie inclusive à la formation standard des enseignants a entraîné des améliorations mesurables de la participation des jeunes enfants.

Un enseignant formé par Perkins facilite le jeu entre deux jeunes enfants lors d’une séance d’intervention précoce à Bandung, en Indonésie. Crédit : Perkins

Un enseignant formé par Perkins facilite le jeu entre deux jeunes enfants lors d’une séance d’intervention précoce à Bandung, en Indonésie.

Credit:
Perkins

Les gouvernements peuvent concevoir dès le début les systèmes et les services de la petite enfance en tenant compte de tous les enfants plutôt que réadapter l’inclusion ultérieurement à un coût beaucoup plus élevé.

Le rapport All Means All formule des recommandations à l’intention des gouvernements et des bailleurs de fonds afin de transformer les services de la petite enfance pour les enfants en situation de handicap et combler l’écart de fréquentation préscolaire de 25 % entre les enfants avec et sans handicap. Parmi ces recommandations :

  • Adopter le point de référence de l’UNICEF selon lequel au moins 10 % de tous les investissements destinés à la petite enfance doivent être consacrés à l’aide aux enfants en situation de handicap.
  • Veiller à ce que chaque dollar investi dans les premières années contribue à la mise en place de services accessibles, guidés par l’approche à deux volets du handicap et de l’inclusion.
  • Bâtir et utiliser des systèmes de données robustes avec des indicateurs ventilés par situation de handicap pour les investissements destinés à la petite enfance, ainsi que des points de référence précis en matière d’inclusion dans les services de santé, d’éducation et de soutien aux familles.
  • Adopter des politiques nationales de la petite enfance qui accordent explicitement la priorité à l’inclusion du handicap avec des allocations budgétaires correspondantes, ainsi que des politiques en matière de handicap qui mettent l’accent sur les premières années de vie.

Les investissements destinés à la petite enfance doivent faire de l’inclusion des personnes en situation de handicap une priorité essentielle.

Mobiliser des financements pour l’éducation de tous, sans exception, dès les premières années

Comme énoncé dans la 5e campagne de financement du GPE, l’éducation est l’investissement le plus judicieux à faire pour transformer les systèmes et bâtir un avenir plus radieux pour chaque fille et chaque garçon.

Avec les bons investissements, les jeunes enfants en situation de handicap peuvent recevoir au plus tôt le dépistage et le soutien dont ils ont besoin afin de commencer l’école en toute confiance et de manière autonome, prêts à participer pleinement aux côtés de leurs camarades.

Quant à leurs familles, elles peuvent passer de la lutte à l’épanouissement grâce à des écoles et à des communautés qui favorisent et créent intentionnellement un environnement accessible à chaque enfant.

C’est pourquoi nous allons convoquer le tout premier Sommet international sur le financement de la petite enfance en 2027.

Tout au long de 2026, les gouvernements participeront à des consultations nationales faisant intervenir des organisations de défense des droits des personnes en situation de handicap, la société civile et les familles, afin d’élaborer des engagements de qualité.

Des dialogues liés au financement régional seront l’occasion de mettre en avant les meilleures pratiques, tout en mobilisant des porte-parole politiques.

D’ici 2027, ces efforts permettront de forger une vision commune et une responsabilité partagée pour transformer le financement de la petite enfance, afin que l’inclusion devienne la norme, et non une réflexion secondaire.

La question n’est pas de savoir si le changement est possible, mais si nous saisirons cette occasion unique, qui ne se présente qu’une fois par génération, pour garantir l’éducation de tous, sans exception, dès les premières années.

Consulter le rapport de Theirworld « All Means All ».

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